- Des menus en cinq à six petites prises par jour, enrichis en protéines et en énergie, répondent à la dénutrition.
- Les besoins visent 30 à 40 kcal et 1,2 à 1,5 g de protéines par kilo de poids chaque jour.
- Une viande hachée en sauce ou un poisson sans arêtes restent faciles à mâcher et nutritifs.
- Une perte d’au moins 5 % du poids en un mois justifie un avis médical.
Un repas laissé à moitié paraît sans gravité. Pourtant, il revient chaque jour.
Quand l’appétit baisse, chaque repas devient un effort. Voici des menus pour les seniors dénutris, avec des plats qui donnent envie et qui se mâchent sans peine.
Menus pour seniors dénutris : répartir les repas en petites prises
La dénutrition vide peu à peu les réserves d’énergie et de protéines. Chez une personne âgée dénutrie, les besoins visent souvent 30 à 40 kcal et 1,2 à 1,5 g de protéines par kilo de poids, chaque jour.
Ces repères s’ajustent au poids, à l’état de santé, à l’activité et aux capacités de chacun. Concrètement, répartissez les protéines sur plusieurs prises plutôt que de les concentrer au dîner.
Cinq à six prises par jour soutiennent un appétit affaibli
Le corps assimile mieux de petites quantités régulières quand l’appétit diminue. Une journée peut comprendre trois repas et deux ou trois collations, espacés d’environ trois heures.
Un exemple de journée peut suivre ce rythme :
- 7 h 30, petit-déjeuner : pain moelleux avec fromage frais, yaourt entier et compote.
- 10 h 30, collation : crème dessert ou fromage blanc enrichi.
- 12 h 30, dîner : poisson en sauce, purée de pommes de terre, légumes fondants et dessert lacté.
- 19 h, souper : omelette tendre, pain, potage enrichi et riz au lait.
Des menus variés sur plusieurs jours évitent la lassitude
| Jour | Dîner de midi | Souper du soir |
|---|---|---|
| Lundi | Boulettes de veau en sauce, purée, carottes fondantes, flan | Croque-monsieur moelleux, potage enrichi, compote |
| Mardi | Saumon, riz, courgettes cuites, fromage blanc | Omelette au fromage, pain, salade cuite, semoule au lait |
| Mercredi | Poulet à la crème, pommes de terre, haricots très tendres, fruit cuit | Hachis de lentilles et légumes, yaourt entier |
| Jeudi | Œufs gratinés, polenta, épinards à la crème, riz au lait | Tartines de fromage frais et jambon, soupe, dessert lacté |
| Vendredi | Poisson pané maison, purée de patates douces, poire cuite | Quiche sans pâte, pain tendre, compote enrichie |
L’hydratation soutient la vigilance, le transit et le confort général. La personne âgée ressent souvent moins la soif, alors que ses besoins restent présents. Proposez donc régulièrement de l’eau, du lait, une tisane, un bouillon ou un jus, pour atteindre environ 1 à 1,5 litre par jour si l’état de santé le permet.

Répartissez les boissons entre les repas si elles coupent l’appétit. En cas d’insuffisance cardiaque ou rénale, ou de consigne médicale particulière, la quantité suit l’avis du médecin.
Enrichir les plats augmente l’énergie sans alourdir le volume
Une assiette ordinaire paraît parfois trop grande pour un appétit réduit. Le corps reçoit alors trop peu d’énergie. Enrichir le plat ajoute des calories et des protéines sans gonfler le volume. Les repas deviennent ainsi plus faciles à finir.
Les ajouts salés se fondent dans les plats
Selon la recette et les goûts, ajoutez :
- Dans une soupe : lait en poudre, fromage frais, crème ou œuf battu incorporé hors du feu.
- Dans une purée : jaune d’œuf, fromage râpé, beurre ou lait entier.
- Dans une omelette : fromage râpé, dés de jambon finement coupés ou lait en poudre.
Les produits entiers apportent davantage d’énergie à volume égal
Les produits allégés apportent moins d’énergie à volume égal. Chez une personne dénutrie, privilégiez le lait entier et les yaourts entiers. Le fromage classique et les desserts lactés conviennent aussi, sauf contre-indication particulière.

La bonne pratique : Lait entier, yaourts entiers, fromage classique et desserts lactés apportent davantage d’énergie dans une même portion.
L’erreur à éviter : Les versions allégées diluent l’énergie dans le même volume. Elles conviennent mal quand l’appétit est faible.
Les compléments nutritionnels oraux sont des boissons, crèmes ou préparations riches en énergie et parfois en protéines. Ils complètent les repas sans les remplacer, sauf indication professionnelle. On les prend en général entre les repas ou en supplément. Le mode d’emploi dépend de la prescription et de la tolérance.
Petit-déjeuner et collations : miser sur des aliments familiers
Une part importante des apports vient souvent des prises faciles à manger. Un petit-déjeuner utile associe un féculent, une garniture, un laitage et un fruit. La forme doit rester compatible avec l’appétit et la mastication.

Un petit-déjeuner simple peut devenir nourrissant
Pour rendre le petit-déjeuner plus nourrissant, combinez ces éléments :
- Du pain tendre, une brioche ou des céréales moelleuses.
- Du fromage, du fromage frais, du beurre ou une purée d’oléagineux.
- Une garniture sucrée appréciée.
- Un yaourt entier, du lait ou une compote.
- Un fruit mûr.
La douleur buccale réduit parfois les prises
Une bouche douloureuse, une sécheresse ou une prothèse instable peuvent réduire la mastication. Elles font aussi éviter certains aliments. C’est souvent ce qui explique un repas laissé dans l’assiette.
En pratique, privilégiez des textures souples. Demandez un contrôle dentaire si la gêne persiste.
Dîner et souper : protéines et féculents à chaque repas
Les protéines entretiennent vos muscles, et les féculents vous donnent une énergie rapidement disponible. Au dîner, associez une viande, un poisson, un œuf ou une légumineuse à un féculent, un légume et un dessert.
Les viandes braisées, hachées ou mijotées restent plus tendres que les morceaux secs. Les formats suivants conviennent souvent aux petits appétits :
- Les œufs brouillés
- Les omelettes
- Les poissons en sauce
Servez une portion protéinée modeste et complétez avec un dessert enrichi plutôt que de remplir l’assiette.
Un souper froid peut associer du pain tendre à du fromage, du jambon ou du thon écrasé. Vous pouvez aussi servir une salade d’œufs, puis un potage froid, un yaourt ou une compote.

- Retirer les croûtes du pain
- Humidifier la garniture si la mastication devient difficile
Mastication difficile : garder des repas complets avec des textures adaptées
Quand les aliments sont durs, secs ou filandreux, la personne mange moins. Une texture tendre et humide facilite la mastication. Elle conserve aussi les protéines et les féculents.
Une texture modifiée ne doit pas réduire la variété
Plusieurs aliments se mâchent facilement et restent nutritifs :
- du poisson sans arêtes
- de la viande hachée en sauce
- une omelette
- des légumes bien cuits
- des pommes de terre écrasées
- des fruits mûrs ou cuits
Coupez finement les aliments. Retirez les peaux, les pépins, les arêtes et les parties fibreuses.

Une texture modifiée ne doit pas réduire la variété. Mixez chaque aliment avec son jus ou sa sauce. Ajoutez du fromage, de l’œuf ou du lait en poudre. Ainsi, le repas garde une bonne densité nutritionnelle.
Mixez chaque aliment avec son jus ou sa sauce. Le goût et les nutriments restent ainsi dans l’assiette.
La déglutition demande une évaluation précise
Une difficulté à mâcher et un trouble de la déglutition ne se gèrent pas de la même façon. Une toux pendant le repas doit alerter. Une voix mouillée aussi. Les étouffements et les infections respiratoires répétées justifient un avis médical et une évaluation logopédique.
En cas de trouble de la déglutition, la consistance des solides et des liquides doit être adaptée après une évaluation. Les boissons épaissies, les préparations lisses et les petites bouchées peuvent être indiquées. Une modification improvisée peut toutefois se révéler inadaptée. Demandez l’avis du médecin avant de changer quoi que ce soit.
Perte de poids et baisse d’appétit : quand demander un avis médical
Une maladie, une douleur ou un trouble buccal peut faire perdre du poids. Une dépression, un problème de déglutition ou des difficultés à préparer les repas aussi. Une perte progressive mérite un suivi, même si l’IMC reste normal ou élevé.
Chez les personnes de 70 ans et plus, les repères de dénutrition sont :
- une perte d’au moins 5 % du poids en un mois ;
- une perte d’au moins 10 % du poids en six mois ;
- un IMC inférieur à 22 kg/m².
Un seul repère ne suffit pas toujours. Un professionnel doit évaluer la situation.
La dénutrition devient sévère avec :
- une perte d’au moins 10 % du poids en un mois, ou de 15 % en six mois ;
- un IMC inférieur à 20 kg/m² ;
- une albuminémie inférieure à 30 g/L.
L’albuminémie aide surtout à mesurer la gravité. Elle ne suffit pas seule au diagnostic.
- Pesez régulièrement la personne, dans des conditions comparables.
- Notez les quantités réellement mangées, ainsi que les boissons et les collations.
- Signalez les douleurs, les nausées, la constipation et les difficultés de mastication.
Le médecin recherche une cause et adapte la prise en charge. La diététicienne évalue les apports, les goûts et les textures. Elle enrichit les repas si besoin. Elle réajuste ensuite les menus selon l’évolution du poids et de l’appétit.
Commencez par noter ce qui est réellement mangé et bu, repas après repas. Ce carnet vaut mieux qu’un souvenir approximatif, et il montre quels plats plaisent le plus. Vous saurez ainsi quoi proposer à nouveau et quoi retirer des menus.
Foire aux questions
Quels menus conviennent après 80 ans ?
Après 80 ans, gardez des menus proches des habitudes de la personne. À chaque repas, associez une source de protéines à un féculent, un légume et un dessert.
Si un repas complet devient trop difficile, répartissez les portions en plusieurs petites prises dans la journée.
Comment redonner des forces à une personne âgée ?
Des apports réguliers en énergie et en protéines soutiennent les forces. Le médecin recherche et traite aussi la cause de la perte d’appétit.
Un médecin ou une diététicienne peut ajuster les menus, proposer des enrichissements et organiser une aide pendant les repas.
Une alimentation enrichie reste-t-elle possible en cas de diabète ?
Oui, une alimentation enrichie reste possible, mais les ajouts doivent tenir compte du diabète et des traitements en cours.
Une personne âgée peut-elle être dénutrie avec un poids normal ?
Oui. Un IMC normal ou élevé n’exclut pas une dénutrition.
Une perte de poids, des apports réduits ou une perte de masse musculaire suffisent à l’évoquer. Suivez donc le poids habituel et les quantités consommées.
