- Chez le senior, la constipation tient rarement à une seule cause : elle résulte le plus souvent du cumul de l’immobilité, de certains médicaments et de la déshydratation.
- Un seul signe suffit à mériter votre attention : moins de trois selles par semaine, selles dures ou sensation de vidange incomplète.
- N’arrêtez jamais seul un traitement prescrit : relisez plutôt vos médicaments avec votre médecin ou votre pharmacien.
La constipation chez la personne âgée s’installe souvent sans bruit.
On finit par la trouver normale, et on attend trop longtemps. Cet article vous explique les causes, les gestes qui aident et les signes qui demandent une consultation rapide.
Pourquoi la constipation apparaît plus souvent avec l’âge
On parle de constipation dès que vous allez à selle moins de trois fois par semaine. Les selles sont dures, vous poussez beaucoup, ou vous avez le sentiment de ne jamais vous vider complètement. Un seul de ces signes suffit à mériter votre attention.
Avec l’âge, plusieurs facteurs se superposent. L’alitement, la fonte musculaire et certaines maladies neurologiques freinent le transit. Il en va de même pour le diabète, une thyroïde ralentie (hypothyroïdie), les troubles de la mémoire ou la difficulté à rejoindre les toilettes. Pris isolément, chacun paraît anodin. Ensemble, ils pèsent lourd.
Certains médicaments ralentissent l’intestin. Parmi eux :
- opioïdes
- fer et calcium
- certains antiacides
- antihistaminiques
- antidépresseurs et antipsychotiques
- anticholinergiques
N’arrêtez jamais seul un traitement prescrit. Le professionnel peut diminuer une dose, proposer un autre médicament ou prévoir une prévention, notamment lorsqu’un opioïde est indispensable contre la douleur.
Lors de la consultation, le médecin pose des questions sur la fréquence et l’aspect des selles, les douleurs, les médicaments et vos habitudes. Il examine ensuite l’abdomen. Il peut aussi pratiquer un toucher rectal, examen bref qui cherche une masse de selles ou une fissure. En général, rien de douloureux à craindre.
Quand demander un avis médical
Consultez votre médecin si la constipation apparaît récemment, si elle modifie nettement vos habitudes ou si elle persiste malgré plusieurs jours de mesures adaptées. Chez une personne âgée, tout changement nouveau mérite une évaluation rapide. Ne tardez pas.
Demandez un avis sans attendre si la constipation s’accompagne de signes d’alerte :
- du sang dans les selles
- une perte de poids involontaire
- une anémie
- de la fièvre
- une masse dans l’abdomen ou le rectum
- des selles très fines
- une douleur persistante ou un traitement inefficace
Ces signes peuvent nécessiter des analyses ou un examen digestif.
Appelez le 112 si la constipation s’accompagne d’un ventre très gonflé, de douleurs importantes, de vomissements répétés ou d’un arrêt des gaz et des selles. Cette association peut évoquer une occlusion intestinale, c’est-à-dire un blocage du passage dans l’intestin.
Appelez le 1733 si les symptômes nécessitent un avis médical en dehors des heures habituelles, sans danger vital immédiat. En Belgique, ce numéro vous oriente vers un médecin généraliste de garde. Le 112 reste réservé aux urgences.
Les fibres : augmenter progressivement et varier les aliments

Augmentez peu à peu les fibres alimentaires : elles retiennent l’eau et donnent davantage de volume aux selles. La quantité adaptée dépend de votre état de santé et de votre tolérance digestive. Demandez conseil si vous mangez peu, avalez difficilement ou devez limiter vos boissons.
Buvez régulièrement pendant cette montée en fibres, car elles fonctionnent mieux avec suffisamment de liquide. En cas d’insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique, respectez strictement les consignes médicales sur les boissons.
Demandez conseil à un médecin ou à un diététicien si la personne mange peu, avale difficilement, présente des ballonnements importants ou doit limiter ses boissons.
N’augmentez pas les fibres sans avis si une occlusion, un fécalome ou un trouble de l’évacuation est possible : ajouter du volume aux selles peut aggraver le blocage.
Bouger et retrouver une routine aux toilettes

Une activité adaptée aux capacités, comme quelques marches, des mouvements assis ou des exercices guidés, entretient la mobilité et favorise la régularité. Son effet reste variable chez les personnes très fragiles, mais il vaut la peine d’être essayé.
Évitez de pousser longtemps ou de rester assis de longues minutes sur les toilettes. Arrêtez l’essai en cas de douleur, de malaise ou d’échec, puis demandez conseil si cela se répète.
Pour une aide à la toilette, une surveillance du transit ou des soins à domicile à Charleroi et dans les communes voisines, contactez Domiris : une équipe infirmière évaluera la situation.
Fécalome : reconnaître le risque sans le confondre avec une diarrhée
Le fécalome est une masse de selles sèches bloquée dans le rectum ou le côlon. Le risque augmente avec l’alitement. Il grandit aussi avec la faible mobilité, les troubles cognitifs et la déshydratation. L’usage régulier de laxatifs sans suivi le favorise également.
Une petite fuite de selles liquides ne signifie pas toujours une diarrhée. Il peut s’agir d’une fausse diarrhée. Du liquide contourne un bouchon de selles, surtout après plusieurs jours de constipation.
Demandez un avis médical si des selles liquides surviennent avec un ventre gonflé, des douleurs ou une sensation de blocage. Consultez aussi en cas d’efforts inutiles ou de souillures répétées. Le médecin confirme souvent le diagnostic par l’examen de l’abdomen et le toucher rectal.
En cas de douleur abdominale intense, de vomissements, d’un ventre très distendu ou de suspicion d’occlusion, n’utilisez ni laxatif ni lavement. Le traitement peut alors nécessiter un lavement adapté, un laxatif prescrit ou un retrait médical des selles.
Les laxatifs : demander conseil avant de choisir
Choisissez votre laxatif avec un médecin ou un pharmacien. Ce choix tient compte de la consistance de vos selles, de vos médicaments, de votre mobilité, de vos fonctions rénale et cardiaque, et du risque de fécalome.
Le bon choix dépend de votre situation globale, bien plus que de votre âge seul.
Les laxatifs de lest augmentent le volume des selles. Les osmotiques attirent l’eau dans l’intestin. Les premiers exigent une hydratation suffisante. Les seconds peuvent causer ballonnements ou selles trop liquides.
Fixez la dose et la durée avec un professionnel. Réévaluez si la constipation persiste plusieurs jours, si une diarrhée apparaît, ou si vous avez besoin d’un laxatif pour aller à selle régulièrement.
| Type de laxatif | Ce qu’il vise | Précautions principales |
|---|---|---|
| Laxatif de lest, comme le psyllium | Augmente le volume des selles et aide un transit ralenti | Boire suffisamment ; éviter sans avis en cas de fécalome, occlusion ou restriction hydrique |
| Macrogol | Ramollit les selles dures en attirant l’eau dans l’intestin | Peut provoquer ballonnements et diarrhée ; adapter la quantité avec un professionnel |
| Lactulose | Retient l’eau et facilite l’évacuation | Effet souvent plus lent, avec gaz et crampes possibles |
| Laxatif stimulant, comme le bisacodyl ou le séné | Stimule les contractions intestinales | Peut provoquer des crampes ; éviter l’usage prolongé sans suivi |
| Laxatif salin à base de magnésium ou de phosphates | Accélère l’arrivée d’eau dans l’intestin | Risque de troubles électrolytiques, surtout en cas de maladie rénale ou de fragilité |
| Suppositoire ou lavement | Agit localement dans le rectum | Utilisation ponctuelle, jamais en cas de suspicion d’occlusion sans avis médical |
Évitez les laxatifs stimulants ou salins pris au hasard. Douleurs, diarrhée, déshydratation ou déséquilibre des sels minéraux peuvent survenir. Un laxatif ne corrige ni une occlusion ni un fécalome non identifié.
- Notez la consistance de vos selles sur quelques jours, dures ou molles.
- Listez tous les médicaments pris, y compris ceux achetés sans ordonnance.
- Précisez votre niveau de mobilité et votre capacité à aller seul aux toilettes.
- Signalez tout antécédent de problème rénal ou cardiaque.
- Signalez tout fécalome déjà constaté ou toute douleur abdominale inhabituelle.
Une constipation qui persiste, qui modifie nettement les habitudes ou qui s’accompagne de signes inhabituels mérite un avis médical sans attendre. Chez une personne âgée, une évaluation rapide permet d’ajuster les traitements en toute sécurité. Parlez-en à votre médecin dès que le doute s’installe.
Foire aux questions
Comment gérer une grosse constipation ?
Consultez rapidement un médecin dès que la constipation est importante, récente ou douloureuse.
Ne multipliez pas les laxatifs seul : un fécalome ou une occlusion peut exiger un examen et un traitement médical.
Qu’est-ce qu’une fausse diarrhée de constipation ?
La fausse diarrhée correspond à des selles liquides qui contournent une masse de selles bloquées.
Elle doit faire rechercher un fécalome : ne la traitez pas d’emblée par un antidiarrhéique.
Où appuyer pour faire sortir les selles ?
N’appuyez pas fortement sur le ventre ou le rectum pour provoquer l’évacuation.
Une pression mal adaptée peut être douloureuse et ne règle pas un fécalome. Demandez un avis médical pour connaître la conduite à tenir.
Quel est un remède de grand-mère pour aller à la selle rapidement ?
Boire suffisamment, bouger et augmenter les fibres progressivement restent les gestes les plus sûrs. Ils n’agissent pas nécessairement rapidement. Demandez un avis avant de prendre un laxatif.
